Babordages

Pendant qu'ils ne cherchaient pas d'alternative, nous pensions à un #PlanB.

Pas d’alternative ? Pas d’alternative !

Publié le par dans avec 16 avis

Jean-Claude Juncker

L’autre soir, on faisait le même amer constat avec @Clumsy9.

Il n’y a pas d’alternative.

Nan, on n’était pas (trop) bourrés, je t’explique.

Mais revenons d’abord un tout petit peu en arrière.

En 2005, on a voté non au référendum visant à constitutionnaliser l’orthodoxie économique néolibérale.

Pas grave, en 2009, les partis TINA ont voté peu ou prou le même traité par voie parlementaire.

On a voté contre Sarkozy en 2012, sans illusion sur Hollande, mais on pensait qu’il n’aurait kamème pas le culot de démarrer son quinquennat en se précipitant à Bruxelles pour avaliser le traité Merkozy qu’il avait promis de renégocier.

(Je passe sur nos élections intermédiaires provinciales marquées par l’abstention massive de l’électorat de gauche, et sur le superbe bras d’honneur de Hollande à son endroit avec la nomination au poste de premier ministre de monsieur 5,63 % à la primaire socialiste…)

Puis début 2015, les Grecs ont voté contre TINA. Six mois plus tard, au paroxysme du bras de fer entre la Grèce et le reste de l’Eurogroup (un comité « informel » qui n’existe nulle part dans les traités de l’Union, #LOL), les Grecs ont même voté à 61 % pour tenir bon malgré l’apocalypse qui leur était promise.

Mais #ranafoot, la Troïka a imposé la reddition complète de Tsipras. Les élections ne peuvent pas remettre en cause les traités, avait même déclaré avec une franchise désarmante Jean-Claude Juncker, l’ami des #banksters fraîchement élu à la tête de la Commission européenne.

Sauf que les traités ne sont pas des commandements divins, mais des constructions humaines qui peuvent être amendées, remplacées ou mises au rebut. Et puis surtout, comme on vient de le voir, ils sont en l’occurrence illégitimes puisqu’on a voté contre les uns, puis pour quelqu’un qui avait pour mandat de renégocier les autres.

On sait donc désormais que « la révolution par les urnes » prônée notamment par #JanLuk, ça ne marche pas. Si tu ne votes pas juste, en France comme en Grèce comme ailleurs, on t’ignore ou on te contourne ou on t’écrabouille allègrement, même lorsque tu remportes référendums et élections.

Mais même en supposant un instant que certains suppôts de TINA sont sincères dans leur croyance que « le réel » doit fatalement l’emporter sur « l’utopie » et qu’il est donc inconcevable de soutenir un point de vue divergent, ils oublient un détail certes fâcheux, mais fondamental : en démocratie, si une majorité d’électeurs a envie de se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate, ben c’est comme ça, faut faire avec, et prendre son mal en patience (nous on a l’habitude putain !).

Si on n’est pas capable de céder sa place à ses opposants — quelle que soit l’absurdité des analyses pondues par leurs petits cerveaux étriqués remplis d’idées saugrenues — c’est que la démocratie est belle et bien morte.

Et cruelle ironie de l’histoire, la Grèce qui l’avait vu naître aura été son tombeau.

Impossible désormais de douter que les élections (et tout le folklore qui va avec, comme les partis politiques) sont autre chose qu’une grotesque farce.

Et ce faisant, les dirigeants de l’UE et de ses pays membres, ces prêtres d’une religion féroce, ces fascistes en col blanc (deux expressions de Paul Jorion) ne laissent aux inévitables blasphémateurs/dissidents que nous sommes pas d’autre alternative que l’insurrection, sous une forme ou une autre.

RT si c trist.

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À propos de sknob

Franglophone songwriter, cartoonist, translator, geek, #ronchonchon. VieuxSage, déjà blogueur au XXe siècle, je ne supporte ni l'injustice, ni la mauvaise foi, ni les gens qui réfléchissent avec le cerveau d’autrui, ni les betteraves. En revanche, j'ai un peu le melon depuis que j'ai publié un billet sur le blog de Paul Jorion. Mes camarades m'ont à l'œil.

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16 avis sur “Pas d’alternative ? Pas d’alternative !

  1. qjskdb

    « gnagnagna ouin ouin ouin gnagnagna ouin ouin »

    tu sers a rien

    comme tous les quelques autres crétins qui tiennent le même discourts neuneu

    Répondre
  2. qjskdb

    Déjà parce vous refusez de voir la vérité en face, Tsipras a trahis comme c’etait tout a fait prévisible et comme Lordon notamment l’avait prédit.

    Ensuite et ca va de pair, parce que vous pleurnichez sur l’UE qu’elle est méchante, mais ho, vous vous réveillez bien tard…
    Ensuite ya pas eu de division de panzer ni de troupes armée en grèce, donc la responsabilité incombe bien en priorité au gouvernement Grec qui s’est couché comme une merde a peu de différences certes de hollande mais quand même au nom du même principe que en dehors de l’UE actuelle c’est là oui pour le coup TINA.

    Par contre sachez que si ca vire a la violence armée etc (puisque ce que si on pousse le raisonnement logique c’est a ca que vous aboutissez), là oui vous en faite pas la troupe et les blindés on les aura.

    La Syrie, ce modèle d’avenir.

    Tas d’cons.

    Sur ce… petit info supplémentaire

    http://fightclubnpa.blogspot.fr/2012/10/etes-vous-pret-pour-la-lutte-armee.html

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    • sknob Auteur

      Si on ne peut peser ni de l’intérieur, ni de l’extérieur, on n’a plus qu’à s’incliner. C’est en effet une option. Have a nice TINA life.

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    • luc

      Il n’y a pas eu de division de Panzer en Grèce, il n’y en a pas eu besoin, les armes ont changé mais ne vous trompez pas, les armes existent.
      Connaissez-vous le principe de guerre économique et de stratégie du chaos ?
      Lisez le blog Greek Crisis, c’est super intéressant.
      Tsipras c’était prévisible, oui.
      La Grèce, comme toujours, était et est seule.
      Sinon tout à fait d’accord, la France se réveille bien tard, trop tard.
      Qui a écouté, qui voulait écouter les Grecs il y a 6 ans, depuis 6 ans ?
      Un test, macabre.
      L’insurrection armée est une impasse de plus, oui.
      L’imagination est-elle définitivement morte que l’on ne sache plus penser en-dehors de ces cadres un vote ou les armes ?
      TINA achève la démocratie et joue sur notre incapacité à répondre.
      Et ils en rient.

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  3. Nebëhr

    Le raisonnement me semble oiseux. Sans doute on t’écrase si t’arrives au pouvoir par les urnes avec un programme révolutionnaire, mais on t’écrase également si tu essaies la révolution armée (coucou la Commune, coucou Haïti, Irlande, Viet Nâm, etc.), ou si tu arraches une chemise, ou si tu fais n’importe quel geste à même de bousculer l’ordre existant en fait. Cela s’appelle un rapport de force. Et ça ne tourne pas forcément toujours au profit du pouvoir en place.

    Conclure à partir de l’épisode grec que « de toute façon, quoi que l’on vote ça ne sert à rien », c’est non seulement faire l’impasse sur le retentissement de la lutte menée par Syriza hors des frontières grecques (Corbyn et les élections au Portugal ne sont peut-être qu’un début), mais aussi faire comme si Syriza et Tsipras n’avaient pas commis d’erreur et n’auraient rien pu faire autrement. C’est, autrement dit, agir exactement selon les voeux de Bruxelles : faire comme si rien ne s’était passé, comme si l’histoire n’avait pas eu lieu.

    Malheureusement pour eux, les gens se souviennent. Il se trouve même que certains sont capables de réfléchir et d’apprendre des erreurs passées. Peut-on vraiment penser alors qu’une défaite va effacer tout ce qui s’est passé auparavant, et tout ce qui peut se passer ensuite ?

    Un coup de dés jamais n’abolira le hasard…

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    • sknob Auteur

      Mais qu’est-ce que vous avez tous à parler de lutte armée ? Quel manque d’imagination ! Et soit dit en passant, va voir comment Cameron a qualifié l’élection de Corbyn.

      Après, la gauche peut un jour revenir à la mode, surtout si elle gagne aux USA. #FashionVictim

      Mais en attendant le Messie, je maintiens mon raisonnement oiseux. Comme je l’écris depuis le début de Babordages, le système n’est pas viable. Il est en train de s’autodétruire (et nous avec).

      C’est sûr que faire de la politique à la papa et s’exciter à propos de 2017, ça permet de ne pas trop y penser et de faire l’économie du moindre effort d’imagination sur comment sauver l’espèce.

      Répondre
      • Nebëhr

        Je manque peut-être d’imagination, mais j’ai du mal à voir par quels moyens on peut espérer produire un changement durable autrement que par la prise de pouvoir… et il n’y a pas vingt-cinq moyens d’y parvenir.

        Je me permets de citer David Graeber qui est loin d’être un fan des élections et qui se retrouve plutôt dans le slogan « l’imagination au pouvoir » :

        « Si les événements de Mai 68 ont montré quelque chose, c’est que, lorsqu’on ne cherche pas à prendre le pouvoir d’État, il ne peut y avoir de rupture fondamentale soudaine. »

        Je suis prêt à toute alternative, mais pas à celles qui sont assurées d’emblée de ne pas réussir.

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        • sknob Auteur

          Il n’y a pas 25 moyens d’y parvenir, et le choix se rétrécit considérablement au fil des années. Si après l’épisode grec, tu ne crois pas que la révolution par les urnes de #janluk a du plomb dans l’aile, ben j’admire ton optimisme et je te souhaite bon courage. Tu es jeune et tu as toute ta vie devant toi, heureusement.

          Répondre
    • sknob Auteur

      (Et puisque il faut tout vous expliquer, je fais simplement remarquer qu’en ignorant ou en contournant ou en écrasant les formes civilisées de la contradiction, #oklm, ces crétins de prêtres de la religion féroce ne laissent pas d’autre choix que la soumission ou la rébellion (qui a pour l’instant une sale teinte brunâtre d’ailleurs…).

      Répondre
      • Nebëhr

        On découvre donc que les pouvoirs en place ne sont pas très sympa avec ceux qui veulent changer les choses et qui ont des chances raisonnables d’y parvenir. C’est rien de bien nouveau non ?

        Je ne suis pas sûr non plus de connaître les limites précises des « formes civilisées de la contradiction ». Une chose est cependant certaine : aucune lutte n’a été gagnée par le seul dialogue, pour la bonne et simple raison que les puissants ne commencent à écouter les dominés que quand ceux-ci leur font passablement peur.
        S’il y a alors une alternative qui n’a vraiment pas lieu d’être, c’est peut-être celle entre la rébellion et la gentille entente…

        Répondre
  4. ClumsyClumsy

    Avant de prendre l’État, il faut peut-être le renverser. Car les structures ont vite fait de désarmer les intentions les plus révolutionnaires. #jdcjdr

    Répondre
  5. annalysa17

    Il faudrait envoyer un message fort qui déstabilise nos soi-disant représentants. Les manif., c’est du folklore. Tout casser n’est pas la solution, c’est encore nous qui payons la note. Les pétitions sont du pipi de chat. Il faudrait une GREVE GENERALE. Paralyser l’économie. Convaincre la population n’est pas une mince affaire.

    Répondre
  6. Charlie BECKMAN

    Si le diable ne nous reçoit pas dignement
    De l’enfer nous prendrons le gouvernement ( B.Lavilliers)

    Ces politiciens véreux de république bananière, ça fait des décennies qui se foutent de nôtre gueule, en servant l’oligarchie ploutocratique sur nôtre dos, bien entendu, tout en se sucrant au passage.
    Mais je pense que le dernier avec sa tronche de larbin de la finance a été de trop.

    Répondre

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