Babordages

Pendant qu'ils ne cherchaient pas d'alternative, nous pensions à un #PlanB.

Parle-moi de moi…

Je ne saurais jamais, je crois, qui de l’orage ou de ma révélation nocturne, aura contribué à ce réveil brutal au cœur de la nuit où, il a bien fallu que je me rende à l’évidence, j’étais en train de vivre un moment « Ségolène Royal 2007 ».

Alors que je vivais, professionnellement, la période la plus active de l’année, je découvrais, stupéfaite mais pas trop, que je venais de consacrer de trop nombreux mois à un François Hollande, même pas président, mais tout aussi menteur et lâche. Ces gens prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent, n’hésitant pas à revêtir de somptueux habits de lumière sans mesurer que leur fadeur, leur esprit étriqué, la misère de leurs rêves finira par se voir.

Bref, sans étaler ma vie ici (?), j’ai pensé à Ségolène. Oui, je sais que ça peut paraître surprenant mais c’est aussi l’occasion de dire que je n’ai pas, toujours, été aussi hostile vis à vis des socialistes. Enfin, dire plutôt, que c’est après Ségolène que les socialistes m’ont perdu. Pour toujours. Parce qu’ils se sont comportés avec elle comme des chiens. Alors que j’avais peu d’intérêt pour sa personne, leurs bassesses m’ont transformé en harpie Royaliste. Je garde pour cette femme une profonde admiration pour son courage. En tant qu’être humain (politiquement, j’ai gravement poussé le curseur…).

Donc. Emportée par cette effervescence festivalière mais habitée d’une colère abyssale, ma lecture de l’actualité, proche du niveau zéro durant cette période, était toute orientée à chercher des réponses à des questions que je ne me posais même pas. J’utilisais ma télécommande en rêvant secrètement qu’elle pourrait agir aussi sur mon cerveau. Je zappais d’une chaîne à l’autre, sans jamais arriver au bout d’une seule émission. Puis, Vendredi dernier, le retour annoncé de Ce Soir Ou Jamais. Voilà un programme qui, habituellement, accroche un peu mon attention. Fleur Pellerin est invitée. Je verse ma première larme. Je sais, déjà, qu’avec Fleur, il n’y aura pas de politique.

Un humoriste, Guillaume Meurice (que je ne connais absolument pas et pour cause, il officie comme chroniqueur sur Inter dans l’émission de Lopez et ça, je n’écoute plus…) est aussi présent. Via twitter, j’apprends par Bruno Roger-Petit (par RT hein, faut pas déconner, je ne le suis pas !) que ce garçon est l’élément Front de Gauche sur le plateau. Ah…

Il parle injustice sociale, précarité, chômage, enfin bref, la vie de merde de tout un chacun. Il s’adresse à Fleur, évidemment. Alors Fleur va lui répondre. Pour mémoire, la dame est au « parti socialiste » hein. Elle le regarde droit dans les yeux et lui répond par un florilège de chiffres. Une cascade de milliards. Jusqu’à l’écœurement. Jusqu’à ce que j’éteigne la télé.

Je reste hébétée dans mon fauteuil. Me reviennent des flashs de Mots-Croisés, des JT, bref des émissions où des politiques sont invités. Je réalise que nous sommes envahis par ces chiffres. Qu’aujourd’hui la politique est remplacée par l’économie. N’importe quel débile a un avis sur la dette.

Quand nous avons la velléité de parler des dégâts humains et moraux, de la précarité, on nous répond par le montant des aides totalement inadaptés que le gouvernement a mis en place. Nulle prise en compte de la violence que subissent 8 millions d’entre nous. Oui, c’est aussi un chiffre, mais celui-là, intéresse peu. Et cette profusion de millions et de milliards a balayé tout débat intellectuel. Ce débat qui pourrait ouvrir nos esprits, nous élever, nous aider à nous interroger sur nos valeurs, à construire, ensemble, un modèle humaniste de société.

Pour s’en convaincre, il suffit de faire l’inventaire désespérant des invités réguliers des émissions d’actus. De constater, désespéré, que même dans les programmes auxquels on s’était attaché (coucou 28Minutes !) Quatremer et Verdier-Molinié, dite « l’Ifrapadingue », ont leur rond de serviette. Je ne parle même pas de C’est Dans l’Air tant l’entre-soi est outrancier…

Ce pays (tsé, celui des Lumières il parait) serait-il AUSSI en déficit d’intelligence ?? Sommes-nous devenus à ce point si peu solidaires et fraternels ?

Je ne peux, parce que je suis militante et « encartée », me résoudre à cette idée. Mais, merde, on se réveille quand ????

 

corinneperpinya

À propos de corinneperpinya

Adepte du parler cru et dru ce qui n'empêche pas une certaine poésie. Colèrophile patentée, j'avance telle la pasionaria, mon petit poing levé. Je suis un troll (ou une crétine) du PG. Comme il se doit, je mange les enfants (mais pas trop c'est indigeste). En attendant la révolution citoyenne, je fais des @mursdescons pour les envoyer au goulag. Mon héros est Jean-Mimi Aplatie, chef du bureau des #journalistesassis. Un sacerdose. En bref, j'ai terrorisé Edwy Plenel, tu comprendras qu'il ne faut pas me chatouiller, je suis très réactive. #mouarf

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2 avis sur “Parle-moi de moi…

  1. politeeks

    J’ai voulu regarder CSOJ avec fleur pellerin, mais bizarrement mes yeux se fermaient. Ca doit être la fatigue je pense.

    Sinon t’as raison quel est le poids électoral _strict_ de l’Ifrapadingue: Zero. Mais on la voit dans les médias bien plus. Idem pour d’autres, c’est le souci de ces émissions où de toutes façons on ne laisse plus parler les invités plus de 30 secondes.

    Alors que le politique doit être lancé , et on doit le laisser parler , le relancer sur des mots et c’est tout. Qu’il puisse construire un raisonnement , prendre un coup de rouge et continuer. C’est ce qu’on a fait avec Rosselin par exemple ;o)

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