Babordages

Pendant qu'ils ne cherchaient pas d'alternative, nous pensions à un #PlanB.

Le journalisme de balcon

Tout à la joie de mesurer, chaque jour davantage, la forte exigence d’un Jean-Mimi Aplatie, fer de lance du journalisme de canapé, voici donc une nouvelle branche de ce métier magnifique que ses propres membres se complaisent à dévoyer, j’ai nommé le « journalisme de balcon ».

En soi, aucune différence avec le journalisme de canapé, si ce n’est que celui-ci a des jambes et s’en sert, à défaut d’un cerveau faisant clignoter la déontologie…

Ainsi, dimanche, comme l’a si bien raconté mon ami @lafranceapeur, nous étions quelques milliers à arpenter les boulevards dans le froid, brisés de fatigue (je te confirme que Perpignan n’est pas en banlieue parisienne) pour défendre une justice fiscale qui ne serait pas génératrice d’une profonde injustice sociale. Comme tu n’es pas sans le savoir, tout est lié.

C’était une chouette journée. D’abord parce que @babordages défilait ensemble (avec le petit fantôme facétieux de @fabu_land dans nos coeurs), que nous avons fait la connaissance de @V23id, que nous aurions pu rencontrer @Yan_El pour qu’il nous détaille les propositions de Généreux sur l’Euro (joke bienveillante ^-^).

Parce qu’il y avait de nombreuses organisations avec qui nous n’avions jamais ou rarement défilé. Et moi, j’aime bien quand nous sommes réunis pour des causes que j’estime justes.

Mais toi qui n’y étais pas, de quoi as-tu entendu parlé ? Ben d’un gars qui, planté sur son balcon, a fait une photo qui a fait le tour des médias. Jean-Luc Mélenchon a même été invité une deuxième fois en 4 jours au Grand Journal pour passer 10 minutes à disséquer ce non-évènement. LA VACHE !!! Cela dit, ces 2 fois en 4 jours sont bien les seules bonnes nouvelles…

Moi qui venais de passer des heures à marcher, qui me réveillais encore épuisée par ces 5 heures de train (enfin un peu plus, car nous avons heurté un sanglier), ça m’a énervé comme tu n’as pas idée. Parce que résumer cette journée à cette photo qui ne dit rien, qui ne prouve rien de la participation mais qui en dit long sur le journalisme de confort me met en rage.

Jean-Luc Mélenchon s’est fait fort de démontrer que la première photo, au même endroit, avait été d’abord postée par… le PG. Tu crois que ça les intéresse au Grand Journal ? Non, pas trop. Ils tiennent un truc qui va (soi-disant) mettre Mélenchon dans la mouise alors ils vont sucer l’info jusqu’à l’assaut gagnant de Raquel Garrido dénonçant leur misérable manipulation (détaillée ici par Arrêt sur Images). Quelle bande de guignols…

Ce journalisme inutile qui fait de ce garçon LA vedette du jour, je le conchie. Savoir qu’il officie sur France24 où travaille aussi Roméo Langlois (dont je t’invite à lire au plus vite l’excellent et divinement écrit « Jungle Blues » récit de son enlèvement par les FARC) autant dire qu’il n’y a pas plus extraordinaire grand écart dans une même profession…

Je fêterai cette année mes 10 ans de libraire de festival de photojournalisme. J’ai reçu dans ma petite librairie les plus grands. Mon amitié et mon admiration pour eux ne souffre d’aucune ambiguité. Je suis, à chaque fois, bouleversée par leur courage, leur humilité, leur humanité. Je ne trouve jamais les mots, durant le festival, pour leur dire à quel point je les remercie. Je le fais ici.

Alors autant te dire qu’une photo prise d’un balcon, mâtinée de la plus parfaite désinformation, oui, je méprise. Avec fracas. Et ce ne sont pas les pères la morale qui viennent me taper sur les doigts parce que j’ai ajouté un hashtag #connard à mon tweet qui vont me calmer. Le politiquement correct me file la nausée. J’avais écrit « Un chat, un chat » à ce propos, on ne m’empêchera pas d’écrire « un connard, un connard ». Jusqu’à preuve du contraire, dans ce pays (pourvu que ça dure) la parole est libre.

 

Je ne désespère pas qu’un jour ce métier formidable regagne ses galons, tant ceux qui en font profession avec honnêteté et passion le méritent. Que ce soit au bout du monde comme témoins de guerres infâmes ou, pour ne citer qu’eux, à Médiapart, rare lieu où on nous épargne les resucées de l’AFP.

Je ne désespère pas qu’un jour, les mêmes se lèvent comme un seul homme pour une juste insurrection envers la nuisance que ces « commentateurs » du vide font à ce métier.

Je me plais à penser que ce garçon, une fois ce soufflé retombé, reconnaitra le peu de dignité qu’il y a à tirer de sa photo pourrie prise d’un balcon.

 

La seule conclusion à tout ça, c’est qu’à ne parler que de cette polémique idiote, il n’a rien été dit du contenu de cette marche. Regarde-les les idiots utiles

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois…

Nous, @babordages, nous faisons du journalisme de pavé et nous apportons la preuve qu’à cette marche nous étions quatre.

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corinneperpinya

À propos de corinneperpinya

Adepte du parler cru et dru ce qui n'empêche pas une certaine poésie. Colèrophile patentée, j'avance telle la pasionaria, mon petit poing levé. Je suis un troll (ou une crétine) du PG. Comme il se doit, je mange les enfants (mais pas trop c'est indigeste). En attendant la révolution citoyenne, je fais des @mursdescons pour les envoyer au goulag. Mon héros est Jean-Mimi Aplatie, chef du bureau des #journalistesassis. Un sacerdose. En bref, j'ai terrorisé Edwy Plenel, tu comprendras qu'il ne faut pas me chatouiller, je suis très réactive. #mouarf

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5 avis sur “Le journalisme de balcon

  1. politeeks

    je lis « quelques milliers » soit de 0 à 10 milliers. C’est peu. Une coquille ?
    Et je rappelle que je suis poursuivi par la truie a cause d’un billet sur la fraude fiscale , donc ce sujet des impôts et de leur justesse m’intéresse .

    Répondre
    • corinneperpinyacorinneperpinya Auteur

      Le but de ce billet (un peu) est de dire que la polémique sur les chiffres, est inutile, stérile et une belle séance d’enfummage. Alors on était 4 péquenots ou 16 milliards, sans dec, je m’en fous. On a compris la manoeuvre.

      Répondre
    • fabu_landfabu_land

      Je viens de consulter quelques dictionnaires, je ne trouve aucune définition indiquant que le mot « quelques » désignerait une quantité comprise entre zéro et dix.
      Je te remercie cependant de m’avoir fait dépoussiérer quelques ouvrages dont je me sers trop peu et que j’affectionne beaucoup.
      Si toutefois tu pouvais me fournir ta source, je suis preneur. J’aime vraiment les mots, leurs sens, leurs sons… et s’il s’avère que je me fourvoie, je serais enchanté que tu me corriges.
      Tout le monde peut se tromper, quelquefois.
      Je te remercie également pour ce commentaire qui sait, en quelques mots, aller à l’essentiel.

      Répondre

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